Interview # CANDI / BULE

Candi accepte rarement les « projets filles » et autres interviews. Loin de la scène parisienne, c’est une graffeuse très productive et adepte de la couleur…

– nom(s) : Candi, Bule
– dates d’activité : 2000 à aujourd’hui
– âge : 33 ans
– pays : Sud-est/Sud-ouest de la France, Portugal

– Quand et Comment as-tu découvert le graffiti ? Quand as-tu commencé ? Pourquoi le passage à l’action, dans quel état d’esprit ?

J’ai toujours beaucoup dessiné, et ado, j’étais passionnée par les typographies. Je m’amusais à les recopier, en changeant les mots, les phrases, en mettant des couleurs. Je ne savais pas que j’étais déjà en train de m’initier au graffiti en quelque sorte, l’attirance pour la lettre était inévitablement là.
J’avais déjà expérimenté des tags sur le mur du collège, qui m’avaient valu une journée d’expulsion. Ça m’avait plu, mais je ne pourrais dire pourquoi, si c’était l’acte rebelle en lui-même ou l’acte artistique, expressif.
J’ai découvert le graffiti par hasard, vers 1997/1998. Au lycée, il y avait des graffeurs, et je me disais : « moi aussi j’aimerais ». Quand il y a eu des grèves au lycée, nous sommes allés manifester à Toulouse. Nous étions montés en train, et là, en arrivant sur Toulouse, j’ai vu tous ces murs de voies ferrées peints, pleins de couleurs. J’ai trouvé ça super. Toulouse, c’était LA ville du graffiti dans les années 90 : tous les murs étaient peints, il y avait des flops, des pièces, des peintures partout : la True Skool, Sike, Kensa, Miss Van, etc etc etc.

Plus tard, j’ai volé des sprays dans une sorte de magasin de dépôt de trucs militaires. J’ai fait mes premiers tags et graffs, dans la rue et sous des ponts. Je kiffais faire des trucs de nuit, pendant que les gens dormaient ou étaient tranquillement chez eux. Je me préparais des petits sketchs, que je mémorisais, et j’allais les refaire.
Pendant quelques temps, j’ai peint seule. Ce n’était pas très productif, mais l’envie y était.
En 2000, j’ai sympathisé avec des graffeurs. Et là c’est vraiment parti pour de bon. J’ai découvert qu’il existait un vrai « monde » derrière les sprays : des gens, des crews, différents supports, différentes sprays, différentes façons d’appréhender les choses, etc.

graffeuse-Candi-Bule-2003-Toulouse Toulouse / 2003

graffeuse-Candi-Bule-2004-Barcelone Barcelone / 2004

– Que cherchais-tu à faire dans ce mode d’expression ? Tu le vois toujours de la même manière ?

Je ne cherchais rien de particulier. Juste à me faire plaisir.
Je pense que je trouvais ça excitant de faire quelque chose que peu de monde faisait. Je trouvais cela original. Et puis ça collait carrément avec mes envies plastiques. Très rapidement, je me suis passionnée, et j’ai pris goût à la bombe et à la peinture sur grande surface. Je m’y retrouvais totalement. Il y a eu une résonnance, c’était mon truc.
Il fut une période où j’étais carrément boulimique de la peinture. J’avais tout le temps besoin de taguer, de marquer mon passage avec mon blaze, de laisser une trace. Je sketchais énormément, je peignais beaucoup. Tout tournait autour du graffiti. C’était un style de vie.
Aujourd’hui ce n’est plus du tout le même ressenti. Je n’ai plus ce besoin compulsif. Le graff n’est plus une obsession, mais je prends toujours autant de plaisir à peindre.

– Comment as-tu choisi ton / tes nom(s) ?

Bule, ça vient des Powerpuff Girls. La série est sortie fin 1998, et j’adorais le graphisme. Les 3 héroïnes sont (en français) Bulle, Belle et Rebelle. J’ai juste pris Bulle et enlevé un « L ». Quand à Candi, je trouvais que ça faisait féminin. J’aime les lettres et la sonorité. Mais je change souvent de nom, histoire de changer aussi de lettres.

-Candi, Bule, ce sont des mots existants. Il faut obligatoirement une signification pour tes noms ?

Je trouve qu’un mot/prénom c’est cool! Et oui, je pense qu’un blaze doit avoir une signification, du moins pour celui qui se l’approprie.

– As-tu gardé les photos de tes 1ers graffs ?

Pas pour les tout premiers. En plus, jusqu’en 2004/2005, je n’avais qu’un appareil argentique. Du coup, je ne prenais qu’une photo à chaque fois, pour économiser la pellicule, et elles n’étaient pas toutes réussies.

graffeuse-Candi-Bule-2005-Faro Faro / 2005

OLYMPUS DIGITAL CAMERA Bilbao / 2006

– Ton domaine de prédilection, les supports que tu préfères ?

Je n’ai pas vraiment de support préféré. Ce que j’aime par dessus tout, c’est quand le support est vierge et original, quel qu’il soit : mur, métal, fixe ou roulant.
J’aime les endroits déserts, où on a l’impression que le temps s’est arrêté : un dépôt avec ses trains qui dorment, une usine désaffectée, un bâtiment abandonné, un mur oublié…

– Ton champ d’action géographique ?

C’est une question étrange. Je n’ai pas de champ d’action géographique. Je peins là où je me trouve, quand j’en ai envie.

– Tu fais pas mal de couleurs plutôt travaillées vues de la rue. Ce sont des plans autorisés / tolérés ou illégaux ?

Ce sont des plans illégaux. C’est ce que j’explique précédemment : j’ai envie de peindre, je peins. Toutes ces pièces sont faites « au culot ». Puis, je peins en couple, donc je pense que ça aide. « Ça passe mieux », comme on dit. Je repère un mur qui me plaît, je m’installe, j’ouvre les pots de peinture – du coup, ça aussi, ça passe mieux que des sprays – et je peins. Plutôt rapidement, le but n’est pas de rester 3h et de se faire arrêter non plus. Si quelqu’un vient me parler, voire râler, je discute avec lui, et souvent c’est ok. Mais il y a aussi eu des fois où la négociation n’a pas été possible, et j’ai dû remballer.

– Il est vrai que sur murs poreux, on a le réflexe de peindre en chrome qui recouvre presque tout (moi la 1ère)… D’où te vient l’idée de peindre systématiquement au rouleau ? Peu de gens font ça à la finale je me dis que c’est moins rapide, plus galère de transporter le matériel ?

Au début, je peignais avec du chrome, comme tout le monde. En 2005, j’ai rencontré Dyva et Haeck, et ils faisaient leurs fresques (dont l’intérieur des pièces) aux rouleaux. J’ai trouvé ça génial. Depuis, je peins la plupart du temps comme ça, par contre je fais toujours mes contours et effets à la spray.
J’ai trouvé plusieurs raisons de m’y mettre : j’ai senti que c’était moins « cramé » de faire du vandale avec des pots de peinture et des rouleaux. Puis je n’aime pas la tristesse de la couleur chrome. Sur les terrains idem, je fais toujours aux rouleaux, j’adore peindre comme ça. J’aime la façon de procéder, le rendu. Et, quand on sait y faire, c’est aussi rapide qu’à la spray, on développe des techniques pour y aller vite et moins galérer. De plus, c’est très économique (j’ai un bon sponsor).
Alors je me trimballe avec mes pots et mes rouleaux dans la rue, sur les voies ferrées… Clair que c’est moins pratique mais c’est ma façon de peindre, et à force je suis bien organisée.

– Dès que tu as commencé à graffer, ou plus tard, t’es-tu intéressée à l’histoire du graffiti ?

Au début, pas du tout. Pendant les premières années où j’ai peint, ça ne m’intéressait pas. D’autant que je ne suis pas issue de la culture Hip Hop, car j’écoutais du rock, du punk, du hardcore. Puis, au fur et à mesure où j’ai évolué dans ce monde, je me suis intéressée à ce qui s’était fait dans les années 80/90 et aux débuts du graffiti. J’ai aimé regardé Spraycan Art, et d’autres bouquins représentant cette époque. Mais pour autant, je ne me suis jamais sentie proche de ces temps révolus, ni de la façon dont ils vivaient le graff. C’était autre chose, ça n’a rien à voir avec mon mode de fonctionnement et avec mon époque, je ne m’y retrouve pas.

– Es-tu une carriériste du graffiti ? ou plutôt en temps partiel ?

Aucun des deux. Faire de la quantité, avoir de la reconnaissance, être populaire, ça ne m’intéresse pas. J’ai toujours peint uniquement pour moi, par passion, envie et plaisir. Mon activité graffiti a toujours eu un rythme constant et homogène durant ces 14 dernières années, ça a été très régulier.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA Alentejo / 2008

– Avec qui as-tu bougé dans ta carrière ? Les rencontres qui t’ont marquée ?

Yellow est celui qui m’a appris les grandes lignes du graff, et qui m’a mis un pied dedans. J’ai aimé passer du temps et peindre avec Dyva et Else. C’était super de partager la peinture avec d’autres filles. Ma rencontre avec les AL’S m’a beaucoup influencée sur la façon de voir le graffiti, et j’ai pas mal peint avec eux (Dope, Otist, Cure, Defo, Renz, Flip). J’ai adoré bouger avec mes copines portugaises (Raye, et les OGA : Nuria, Glam, Maria Imaginario). Peasd et Azur sont deux copains avec qui j’ai beaucoup peint aussi, et j’adore le style de Peasd.

graffeuse-Candi-Bule-2009-Lisboa Lisboa / 2009

graffeuse-Candi-Bule-2010-Lisboa Lisboa / 2010

– Comment définis-tu ton style ? Qui/quoi t’inspire, t’a inspiré ?

Je ne saurais pas définir mon style. C’est assez difficile à dire. Je m’inspire des choses que je vois autour de moi, de mon propre univers. J’aime les choses simples, colorées. Je peins avec des pots de peinture et des sprays volées, et je ne sais pas trop peindre à la Montana. Du moins, quand je dois faire un intérieur à la bombe, je suis perdue ! J’aime peindre avec des pots de peinture, cela doit faire 10 ans que je peins de cette façon, et je ne changerais pas pour rien au monde.

– As-tu des thèmes récurrents, des associations de couleurs préférées ?

Ce que j’aime, c’est prendre les pots de peinture au hasard, et une fois sur place les ouvrir, et découvrir des combinaisons de couleurs auxquelles je n’aurais jamais pensé. Ça crée de jolies surprises.

– Comment vois-tu le graffiti dans son essence même ? (l’acte de graffer/taguer, le style, le graffiti en tant qu’art ou pas, dans la société….)

Selon moi, c’est une action artistique éphémère, quelque chose de spontané. Réalisé dans la rue ou dans un espace ouvert, où tout le monde peut le voir. Je ne conçois pas qu’on puisse l’associer au Street Art, encore moins qu’il entre dans un musée ou dans une expo. C’est complètement contradictoire et ça ne veut rien dire. Je n’aime pas le voir démocratisé, et je n’apprécie pas qu’il soit attribué à des fins commerciales. Les Agnès B. et compagnie, tout ça me gave, et c’est du grand n’importe quoi. Par contre, je conçois tout à fait qu’un graffeur passe du côté de l’artiste, et réalise un boulot totalement différent de son univers graffiti.

– Une préférence pour quel type de mission ? (soirée tag, repérage, autoroute bruyante ou tunnel silencieux, terrain vague et barbecue, etc….)

J’ai une attirance pour les endroits inhabituels, vierges de tout passage ou peu connus. Et de préférence placés sur une trajectoire empruntée, de façon à ce que ce soit vu.
J’aime peindre avec des amis, mais j’apprécie aussi une mission en solo ou à deux.
Je n’aime pas les plans repérages trop long, c’est une perte de temps pour moi. J’apprécie carrément les peintures au culot, je vois un spot, je me dis « je veux peindre là », et je le fais.

graffeuse-Candi-Bule-2011-Nice Nice / 2011

– Certaines graffeuses t’intéressent ? (tous pays, supports confondus)

Mes amies portugaises : on a pas mal trainé ensemble quand j’habitais là-bas. Elles ont une façon de vivre le graff qui n’a rien à voir avec toutes les personnes rencontrées en France (hommes femmes confondus), et j’aime ce qu’elles font. J’aime aussi le style de H2Oney. Certaines espagnoles aussi, je pense à Fly, Yubia, Cloe, Mali.
J’aime bien ce que fait Rosy aussi.

– Je ne connais pas du tout le graffiti ailleurs qu’en France. Qu’ est-ce qui est différent entre des pays comme l’Espagne, le Portugal, et la France ?

Je peux surtout parler du Portugal, car j’y ai vécu. Les graffeurs, homme ou femme, préfèrent souvent faire la fête au graffiti. Et j’adore ça. Ils ne sont pas obsédés par le graff, ils ont d’autres centres d’intérêts. Le graff c’est secondaire, ce n’est pas un moyen de prouver à quiconque que tu es plus important que lui, que tu vaux mieux.
Ça arrive que parfois, tu prévoies une soirée peinture avec tes potes, et au final, tu te retrouves dans un bar, à rigoler avec eux, tu passes un bon moment, et tout le monde a oublié d’aller peindre.
Au début où je trainais avec les OGA, je voulais toujours aller peindre. Mais elles, elles étaient dans autre chose. Elles kiffent la peinture, mais elles m’ont appris à être sur une autre longueur d’ondes, à ne pas être dans cette obsession. Du coup, avec elles, j’avais une vraie relation d’amitié.
Mais après, ce serait réducteur de penser que toutes les graffeuses portugaises ou espagnoles sont comme ça, parce-que j’ai aussi eu de vraies relations d’amitié avec des graffeuses françaises… Ce n’est qu’une question de personnalités après tout.

– Des mauvaises expériences ?

Non ! Tout est bon à prendre. Je n’ai jamais vraiment de mauvaises expériences. Enfin sur le moment, certaines choses ne sont pas marrantes à vivre, mais après coup, tu le vois comme une anecdote, une aventure à raconter, un souvenir.

– Peut-être une anecdote où ça a mal tourné ?

En Espagne, un plan de jour, je prends ma photo, je me retourne et là au bout des voies, j’aperçois deux flics et le vigile. Je me mets à courir, soit je courais en ligne droite, soit je me jetais dans des ronces plus grandes que moi. J’ai hésité, mais voyant les flics s’approcher, et comme je ne suis pas une pro du 100 m., je me suis jetée dans les ronces. J’ai cru que j’étais coincée, je n’arrivais pas à me dégager, et j’entendais les flics gueuler. Puis à force, je me suis trainée, j’ai tiré, j’ai forcé, et une fois sortie, je me suis échappé comme il faut. J’avais les jambes et bras en sang, mes habits déchiquetés. Je ne ressemblais plus à rien, mais ce n’était pas grave, j’étais heureuse de ne pas m’être faite attraper.

– Puisqu’on parle principalement d’une discipline illégale, le vol est-il une pratique que tu connais, ou pas ?

Oui. Je n’ai pas envie de me priver de peintures à cause du manque d’argent. Alors si je veux peindre, faut que je trouve des façons de le faire sans dépenser trop d’argent. Système D.

– As-tu d’autres occupations, intérêts, auxquels tu consacres du temps régulièrement ?

Je fais beaucoup de choses, et j’ai tendance à m’éparpiller, à m’intéresser à tout. J’aime le tatouage, mais au final, il n’est qu’une continuité du dessin. Je suis passionnée par les les plantes, les minéraux, les animaux, la nature en fait.
Mais le dessin reste mon fil conducteur depuis toujours. Je gribouille : ce sont surtout des petits dessins au crayon gris, aquarelles et encres. Parfois j’utilise de l’acrylique ou de l’huile, mais j’ai une préférence pour les lavis, les couleurs transparentes. Un temps j’ai dessiné sur ordi (avec photoshop, illustrator), je vectorisais des dessins et je les retravaillais sur écran. Mais ça perd une certaine authenticité, et je préfère de loin la méthode classique. Je dessine des petites choses, des images que j’ai dans la tête, des idées qui ont germé lors d’une balade ou d’une rencontre.
J’ai une préférence pour les illustrations de l’édition jeunesse : je suis fan de Quentin Blake, Mary Blair, Charley Harper… Je suis aussi passionnée par la peinture en général, quel que soit les périodes. J’adore les peintures pariétales, les gravures de Dürer, les illustrations de Gustave Doré, les natures mortes et les vanités… Je pourrais citer beaucoup d’autres choses mais je vais m’arrêter là.

– Tu peins toujours ? Si non, comment se passe ta vie sans le graffiti ?

Je reste active et passionnée, mais bien moins productive. Pour moi, les choses évoluent, quel qu’en soit le sens. J’ai moins le temps, je suis moins « à la page », puis de nouveaux centres d’intérêts viennent se rajouter… Pour autant, je ne sais pas si je pourrais complètement lâcher la peinture un jour…

– Expériences de garde à vue ?

Oui, plusieurs fois. Mais je n’ai pas envie de développer. Le seul truc que je peux dire c’est qu’à chaque fois, je me suis demandée ce que je foutais là. Comment est-ce possible, que pour avoir mis de la couleur sur un mur ou sur un autre support, on me traite comme une criminelle ou une merde, on me parle mal, on me menace? Même si c’est illégal – ce que je conçois – faut rester dans la réalité et se rendre compte du ridicule de la situation : se retrouver en cellule pendant plusieurs longues heures… C’est vraiment du grand n’importe quoi.
Il y a plus grave que des gens qui peignent sur des murs ou des trains.

– As-tu besoin de dessin sous les yeux quand tu peins ?

Je dessine beaucoup. Quant au fait d’avoir un dessin avec moi, ça dépend. Parfois, j’ai un bon sketch sous les yeux et je vais bien rentrer ma pièce. D’autres fois, je n’ai rien et je vais faire quelque chose qui me plait. Parfois, je me fiche de la peinture et c’est juste l’action qui est chouette. C’est complètement aléatoire. Mais en principe, je dessine pas mal, histoire d’être inspirée quand je me retrouve face au support.

– Ton Top 5 musical ?

« I’m a real wild child » / Iggy Pop
« Psycho Killer » / Talking Heads
« Sinnerman » / Nina Simone
« Welcome to the jungle » / Guns n’ Roses
« 365 jours » / Oxmo Puccino

– Une pièce que tu as vue et qui t’a marquée (en vrai ou en photo)

L’immeuble que les Os Gemeos ont peint à Lisbonne. J’ai vu ça quand ils l’ont fait, je suis restée scotchée.

– Tu suis l’actualité, l’évolution du graffiti dans ta ville, ou même en France ? De quelle manière ? Des graffeurs, graffeuses actuel(le)s que tu as retenus ?

Non, je suis complètement à la ramasse. En fait je m’en fiche.
Je ne pourrais même pas dire qui est le plus présent dans ma ville, ou à Paris, Marseille ou ailleurs…

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graffeuse-Candi-Bule-2012-Algarve Algarve / 2012

graffeuse-Candi-Bule-2014-Alentejo Alentejo / 2014

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